Ces deux derniers jours sont passés bien trop vite à mon goût. J'aurais tellement aimé avoir plus de temps ou même carrément ne pas partir. De plus, fini le hand maintenant. Puisque mes parents veulent me mettre en internat, je ne pourrai plus m'entrainer. Les seules réponses que je réussis à obtenir quand je demande de rester sont « Mais tu verras, ça va être génial ! » ou encore « De toutes façons, tu n'as pas le choix ! C'est une superbe opportunité pour ton père, alors ne lui gâche pas sa joie... ». En clair, je n'ai effectivement pas le choix. On arrive enfin à l'aéroport. C'est peut-être la dernière fois que je foule le sol des États-Unis. Je jette un dernier regard autour de moi. Je sens une boule dans ma gorge. Je ne vais tout de même pas me mettre à pleurer. Ressaisis-toi ma vieille ! C'est rien qu'un changement de vie après tout. Ça, c'est plus fort que moi. Si je ne trouve personne à chambrer, je me fais de l'ironie à moi-même. Me voilà bien... On monte dans l'avion. C'est la première fois que je vais en prendre un. J'ai un vertige atroce ! Je ferme les yeux pendant tout le décollage.
- « Ça va aller mademoiselle ? »
Je redresse la tête et ouvre les yeux. Je m'assure d'être bien vivante, j'ai tellement la frousse ! C'est juste une hôtesse qui me parle. Ouf, j'ai cru que j'étais déjà au paradis.
- « Oui, je suppose que ça va aller... »
- « Vous avez besoin de quelque chose ? »
- « Je veux bien un verre d'eau, merci »
Mon grand frère me tape l'épaule avec la paume de sa main de son air taquin.
- « Alors s½urette, on fond devant une hôtesse de l'air ? Je pensais que tu étais 100% mec ! »
- « Mais qu'est-ce que tu vas chercher là ?! Je te rappelle que j'ai une trouille pas possible en avion ! »
- « Mais t'en as jamais pris ! Comment tu peux savoir ? »
- « Loïc ... Disons que je pense que je le sais parce-que ... JE SUIS DANS UN AVION ET QUE J'AI LA TROUILLE DE MA VIE !!! »
- « Pas la peine d'hurler, tout le monde te regarde maintenant... »
Je commençais vraiment à désespérer de son cas. Mais je dois avouer que maintenant, c'est plutôt de moi que je désespère. Il faut toujours que je me fasse remarquer dans des moments incroyables. Ce n'est pas la peine de se disputer pour si peu. Je sors alors mon iPod de mon sac et mets les écouteurs. J'écoute
Bloc Party et sombre dans un sommeil sans rêve. Je reste comme ça durant presque 6h, puis commence à retrouver la dure réalité tout doucement. Je ne sais pas depuis combien de temps on est dans cet avion mais une voix se fait soudain entendre. C'est une annonce disant qu'il faut attacher nos ceintures car nous allons bientôt atterrir. J'ai dormi pendant le décollage, ce qui m'a évité d'avoir encore plus peur. Mais là, je ne sais pas comment me calmer. Je commence à remuer sur mon siège. Quand je sens une main se glisser dans la mienne. Une main qui se veut rassurante. Etonnée, je me tourne vers le propriétaire de celle-ci et remarque que ce n'est autre que celle de ... Loïc ! Quand je disais que mon frère était toujours là pour moi. Sans même avoir eu besoin de lui dire que j'étais effrayée de l'atterrissage, il l'a tout de suite sentit.
C'est bon, mes pieds foulent enfin le sol français. Je n'aurais jamais pensé être aussi heureuse d'arriver en France. La peur nous fait vraiment ressentir n'importe quoi ! Bon maintenant, direction le dépôt de valises. Pleins de gens sont déjà regroupés autour du tapis roulant qui leur rendra leurs bagages. Je m'en vais faire pareil quand mon frère me retient.
- « Les parents nous ont dit d'aller chercher des chariots pour tout mettre dans le camion de déménagement. Ils se chargent des valises, viens avec moi ! »
Je le suis alors à contre c½ur. On prend un chariot chacun et les amenons à eux. Ils sont déjà entourés de plusieurs sacs et mon père est en train de râler auprès de ma mère. N'ayant pas envie de les entendre se disputer, je m'éloigne un peu et en profite pour me dégourdir les jambes. Je me dirige vers une petite boutique et prends quelques prospectus disposés sur une étagère. Rien de bien intéressant.
- « Kate, viens ici. Aide ta mère à pousser le chariot ! On y va. »
- « Ok, j'arrive. »
Le chargement n'a pas duré longtemps. Pendant que les déménageurs mettent les meubles, nous, on va voir pour acheter une nouvelle voiture. On a revendu la notre avant de partir. Mes parents ne voulaient pas s'encombrer d'une voiture durant le voyage. C'est tout de même plus pratique d'en prendre une ici directement. On arrive devant le concessionnaire automobile quand ... mais je rêve ! Ils sont en train de regarder une Porsche ! Oui, bien sûr que je rêve, ils signent juste le contrat pour acheter le break d'à côté. On monte alors à l'intérieur et on retourne à l'aéroport afin de suivre le camion de déménagement jusqu'à la maison. Au moins, le quartier est plutôt sympa. On commence à tout décharger et à disposer les meubles dans les pièces. Je monte dans ma nouvelle chambre et me jette sur le lit. Il faut voir le côté positif des choses, malgré tout ces changements, je garde toutes mes affaires personnelles. Tels que je connais mes parents, ils auraient été capables de tout abandonner là-bas pour tout racheter ici. Il n'y a rien qu'à voir l'histoire de la voiture. Et ce n'est seulement qu'un exemple parmi tant d'autres. Enfin une bonne nouvelle : la chambre est superbe. Grande mais pas trop, avec une immense baie vitrée. D'ici, je peux apercevoir la rivière en contrebas, dans le jardin fleurit. C'est vraiment magnifique. J'espère que le reste de la maison sera semblable. Les murs de la pièce sont orangés, ma couleur préférée, c'est-à-dire exactement comme je les aime. Il faudra quand même que j'y ajoute ma petite touche personnelle. Les déménageurs ont déjà amenés mes affaires et ont disposés les cartons au pied du lit. Ce dernier est assez banal, un lit deux personnes de façon à avoir de la place. Des rideaux sont posés sur celui-ci. Je vais commencer par les accrocher et ensuite, peut-être que je déballerai un premier carton. Une fois terminé les premiers aménagements, je descends manger avec ma famille.